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Un livre édité par PEUV (Pour l’Emergence d’une Université du Vivant)

La relation Homme-Plante

Quelles méthodes pour renouveler notre approche du monde végétal ?

jeudi 20 septembre 2012

Cet ouvrage est le fruit de deux rencontres sur le thème de la relation Homme-Plante tenues en 2009 et 2011 : des spécialistes d’origines très variées (agriculteurs, chercheurs, médecin, pharmacien, ethnobotaniste…) racontent leur expérience des interactions entre êtres humains et plantes. Ces approches particulières et complémentaires révèlent des aspects de la connaissance des plantes non pris en compte par la science analytique conventionnelle qui nie les interactions, sous couvert d’objectivité.

Ces deux rencontres ont été organisées respectivement par PEUV (Pour l’Emergence d’une Université du Vivant) et le Mouvement de l’agriculture biodynamique.

Extraits du livre : les interventions de Véronique Chable, chercheuse à l’INRA, et Pédro Ferrandiz, de la société Genodics

Créer ensemble semences, culture et agriculture paysannes au XXIe siècle

Véronique Chable est chercheuse à l’INRA et amoureuse de la Nature. Sa relation avec les plantes et le monde agricole l’a menée en 2001 à développer ce que l’on appelle aujourd’hui la "sélection participative" pour la recherche de variétés de plantes compatibles avec l’agriculture biologique. Elle nous raconte ici son aventure de "passionnée de la semence" pour créer ensemble une culture et une agriculture compatibles avec une pérennisation de la vie sur notre planète, où "le bon et le beau" sont issus d’une relation harmonieuse de la plante avec son environnement physique et culturel. De la recherche moderne à Hildegarde de Bingen, son approche se situe résolument au cœur de la vie. (…)

Dans un de ses articles, Howard montre l’incompatibilité entre l’évolution actuelle des multinationales de la semence et l’émergence d’une agriculture dite "durable". Au cours des 10 dernières années, quatre grosses multinationales ont créé un réseau en rachetant de très nombreuses entreprises indépendantes et en les liant par le contrôle des brevets. Ce réseau contrôle la majorité du marché [1]

Howard conclut que la solution la plus efficace, c’est l’action des paysans et des non paysans pour une réappropriation des semences et d’une agriculture qu’il a appelée "renouvelable". En France, les acteurs paysans et non-paysans sont déjà réunis en de multiples associations, elles-mêmes en réseau. Triptolème en Bretagne est l’une de ces associations qui affichent l’objectif de la conclusion de Howard. La première phrase de la plaquette de Triptolème est tout à fait à propos : "Réunir les acteurs d’une agriculture riche de sens participant à la santé de la terre et des hommes par le partage de connaissances, de savoir-faire et de semences."

Pour résumer, notre contexte est avant tout une initiative basée sur un projet de société et non sur des connaissances communes produisant des innovations. (...)

La génodique, une nouvelle approche du vivant

Pédro Ferrandiz de la société Genodics présente ici une approche radicalement nouvelle du vivant, donnant naissance à des applications et une technologie faisant intervenir la musique et la synthèse des protéines. Ces travaux, qui se basent sur des découvertes scientifiques récentes, ne vont pas sans poser de sérieuses questions éthiques en lien avec la relation Homme-Plante. On peut se demander si cette méthode présente un caractère "intrusif’ : si elle n’est pas "contraignante" pour la plante ? Les questions restent ouvertes...

Qu’est-ce que la génodique ?

La génodique est une discipline nouvelle, située à l’intersection de la physique fondamentale, de la musique et de la biologie, qui étudie des aspects ondulatoires de l’expression du génome. Elle se fonde sur :

  • la caractérisation de séquences d’ondes naturellement émises lors de la traduction des gènes en protéines ;
  • la description des "ondes d’échelle", qui permettent la communication entre les différents niveaux d’organisation des organismes vivants, en prenant en compte les dimensions de sujet associées.

Origines et orientations de ce procédé

Chacun sait que la musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux. Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont aussi prouvé des effets de certaines musiques sur la croissance de plantes ou de microorganismes. Joël Sternheimer, Docteur en physique théorique et musicien, a non seulement trouvé comment expliquer ces effets, mais aussi les reproduire systématiquement et avec une plus grande intensité, de manière scientifique. Ses recherches fondamentales en physique des particules, [2] depuis plus de 40 ans, lui ont permis de calculer, de prédire et indirectement de mettre en évidence que :

  • les différents niveaux d’organisation de la matière (inerte ou vivante) sont reliés par des "ondes d’échelle", qui en assurent la cohérence ;
  • lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés émettent des séquences de signaux quantiques qui constituent une mélodie (inaudible) spécifique de chaque protéine ;
  • il est possible de transposer ces séquences de signaux quantiques en séries de sons harmonisés, directement accordés aux acides aminés dont la séquence compose chaque protéine ;
  • par les ondes d’échelle, les transpositions de ces mélodies dans la gamme musicale sonore peuvent permettre de stimuler ou d’inhiber, modulo le sujet concerné, la synthèse de tout type de protéine, de manière spécifique ;
  • ces mélodies particulières (que l’on appelle les protéodies) permettent donc de réguler, en cas de besoin, les processus biologiques dans lesquels des protéines sont impliquées. (…)

Des indications laissent apparaître que les ondes d’échelle s’appliquent également aux différents organismes vivant en écosystèmes. Elles ouvrent un champ de réflexion conduisant à un nouveau paradigme scientifique où, entre autres, "équilibre" et "dialogue" entre organismes seraient une base de l’évolution et non plus la seule théorie de sélection naturelle darwinienne, toujours en vigueur. Les implications philosophiques, éthiques et sociales de ces travaux sont potentiellement très étendues. (...)

Développement d’applications sur le terrain

Depuis mai 2008, la société Genodics développe des applications de la Génodique. Elle applique aujourd’hui le procédé sur la prévention de I’esca, une maladie du bois sur vigne, chez une trentaine de vignerons. Depuis 2003, date des premiers essais, 90% des installations ont permis des réductions de 33% à 100% de l’impact de cette maladie. Des applications ont également été développées en maraîchage sur la croissance, le développement des plantes ainsi que sur la prévention de maladies virales et cryptogamiques (Virus mosaïques, Brémia, Sclérothinia, Botrytis...). Plusieurs maraîchers ont intégré dans leur pratique culturale ce procédé, qui donne sa plus grande efficacité dans les conditions de culture difficiles (plantation tardive d’automne, maladie endémique, sécheresse...).

Commandez ce livre

L’interview de Pierre Dagallier, agriculteur intervenant au séminaire La relation Homme-Plante publiée en 2011 sur notre site.

Notes

[1] Philip H. Howard, Visualizing Consolidation in the global Seed Industry (1996-2008), Sustainibilty 1, 2009

[2] J. Sternheimer, compte-rendu à l’Académie des Sciences, Paris, vol. 287, pp.829-834, 1983 ; séminaire de physique mathématique, Collège de France (31/1/1984), repr. in Rev. Bio-Math., n°94. pp. 1-47. 1986.
J. Sternheimer, exposé au Colloque international "Louis do Broglie, Physicien et penseur", Anc. Ecole Polytechnique Paris, 5-6 novembre 1987 ; "Ondes d’échelle : une expression spécifique de !a covariance des lois physiques lors d’un changement d’échelle d’observation", soumis aux C. R. Acad. Sc. Paris, 1997.

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