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Leçon de physique n°8 du Pr Cannenpasse-Riffard

La matière n’existe pas

« Comprends que tu es un autre monde en petit et qu’il y a en toi le soleil, la lune et les étoiles » écrivait Origène au IIIe siècle après J.-C. : fabuleuse intuition confirmée aujourd’hui par les physiciens. Ils ont montré l’unité de tout ce qui est, matière vivante et inerte. Cette matière apparemment stable est animée d’une agitation frénétique...

Vous et moi sommes faits de la poussière des étoiles, ces gigantesques « réacteurs » d’où sont sorties les particules qui composent les éléments de tout ce que nous connaissons sur terre.

II y a environ 4,6 milliards d’années, dans une des centaines de milliards de galaxies de l’univers, une étoile massive au bout du rouleau explose dans une fulgurante déflagration. Sa lente dispersion va durer plus de cent millions d’années et accoucher de notre soleil, l’astre de vie. Tous les corps de la nature et de notre environnement, toutes nos cellules sont donc composées de ces atomes nés dans le cosmos.

Nous sommes formés d’un nombre incommensurable d’éléments, lesquels sont formés d’un noyau autour duquel gravitent des électrons à des vitesses inimaginables, de l’ordre de 7 millions de milliards de révolutions par seconde !

Ainsi donc le mouvement est partout, intense, continu, dans tout l’univers, dans cette pierre posée sur mon bureau, dans cette rose de mon jardin qui égaye mon regard et jusqu’au plus profond de mon corps, dans la plus intime de mes cellules, qui ne sont en réalité que des micro-usines fonctionnant grâce à cette énergie.

Le mouvement perpétuel de la matière

La structure de la centaine d’éléments chimiques répertoriés dans la table de Mendeleïev apparaît, en première analyse, d’une grande simplicité : chaque élément diffère des autres par le nombre d’électrons et de protons qu’il comporte et ses caractéristiques propres dépendent du nombre d’électrons qui gravitent autour du noyau.

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Orbitales (probabilité des orbites) des électrons en mouvement incessant autour du noyau

Ces atomes se composent de particules qui ne sont faites d’aucune substance matérielle. Lorsque nous les observons, nous voyons des systèmes dynamiques se transformant continuellement les uns dans les autres dans un ballet chaotique indescriptible. Ces systèmes dynamiques forment, au sein de cette agitation frénétique, des structures stables, nucléaires, atomiques et moléculaires qui constituent la matière en lui donnant son aspect solide macroscopique, nous faisant ainsi croire qu’elle est faite de quelque substance matérielle.

Les atomes qui constituent les briques fondamentales de tous les objets de notre univers possèdent donc un noyau formé de protons et de neutrons autour duquel gravitent des électrons. Ces électrons tournent autour du noyau sur des orbites différentes dont le nombre peut aller jusqu’à 7, chaque orbite ne pouvant contenir qu’un nombre déterminé d’électrons : 2 pour la première couche, 8 pour la deuxième, 18 pour la troisième... 2 n2 pour la nième couche.

Qu’est-ce qui différencie la matière organique, la substance la plus complexe qui soit dans l’univers connu, et la matière ordinaire ? Cette différence, au niveau macroscopique, se manifeste beaucoup moins par des constituants chimiques que par l’organisation et la distribution de ces constituants. La chimie reste toujours la même.

« Ni dans les matières premières, écrit François Jacob, ni dans la nature des réactions, ni dans le type de liaisons formées n’apparaît de discontinuité entre la chimie du vivant et celle de la matière “inerte”. »

Au niveau subatomique, substance organique et matière ordinaire s’édifient à partir des mêmes éléments : atomes, molécules, cristaux, cellules, organismes et systèmes écologiques, de même que les étoiles et les galaxies ne sont que des configurations de systèmes dynamiques que nous appelons particules.

« La physique moderne, écrit Fritjof Capra, ne décrit pas la matière comme inerte et passive mais comme animée d’un mouvement perpétuel, dansant et vibrant, dont les rythmes sont déterminés par des structures moléculaires, atomiques et nucléaires. »

Nous arrivons à une conclusion capitale : la matière inerte n’existe pas. Plus nous la regardons de près, plus elle nous apparaît vivante. II n’existe alors, au niveau fondamental, aucune frontière, aucune distance entre les organismes vivants, l’homme en particulier, et son univers.

Cette donnée importante nous conduit à cette conséquence surprenante : nous subissons donc de façon inconsciente toutes les influences vibratoires de notre environnement, de nos semblables, de la matière, laquelle épouse obligatoirement les nôtres.

Ainsi, nous pouvons mieux comprendre notre attirance ou notre répugnance pour certains objets, lieux, habitations, flore, faunes… et mieux appréhender les échanges vibratoires qui se produisent avec nos semblables, parfois étonnés des réactions spontanées et non mentalisées telles que la sympathie, l’antipathie ou encore la télépathie.

Particules élémentaires

C’est l’énergie-information de l’univers qui, depuis le niveau infra-atomique jusqu’à l’homme, structure la matière en la complexifiant à partir de particules dont les propriétés ne sont définissables qu’au travers de leurs interactions avec d’autres systèmes. Parmi les particules, étudions les caractéristiques du photon, de l’électron et du proton.

Le photon, particule de la lumière
Le photon, particule de la lumière, n’a pas de masse. Cette particule domine par sa densité (0,5 x 109 photons/m3) tout notre univers. Elle se propage comme une onde mais, en interaction, elle se comporte comme une particule.

Pratiquement indestructible, le photon se déplace à la vitesse de la lumière. La lumière est énergie et elle est aussi information, contenu, forme, structure. Elle est le potentiel de tout ! La portée de son interaction est sans limite et la durée de son influence infinie puisqu’à cette vitesse, le temps est dépourvu de toute signification.

Tout l’univers, le passé, le présent, le futur, est lié par un réseau de rayonnements. Selon le physicien John Wheeler, la matière ne serait rien d’autre que de l’énergie lumineuse capturée par une force de gravitation.

« Au niveau fondamental, écrit-il encore, il est impossible de faire la différence entre la lumière, matière et espace vide. »

La matière serait donc de la lumière condensée, de l’énergie en perpétuelle interaction. La matière « vivante » est faite de ce même tissu de lumière. Ce champ de lumière joue un rôle très important dans la matière organique car c’est lui qui finalement régit toutes les réactions chimiques.

L’électron, un micro-univers
Les électrons, nés de la lumière, sont si abondants dans la nature qu’on estime que chaque centimètre cube de notre environnement contient plus d’électrons qu’il y a d’étoiles dans l’univers.

L’électron, d’une durée de vie quasi éternelle, possède des propriétés tout à fait remarquables. De volume pratiquement nul puisque son rayon est de l’ordre 10-55 cm, l’électron a une masse de l’ordre de 10-30 kg. A une distance inférieure à son rayon, sa masse déforme si fortement l’espace que les rayons lumineux sont piégés. L’électron se présente donc comme un véritable micro-univers dont l’espace est complètement isolé de l’espace extérieur.

Les physiciens confirment donc, aujourd’hui, l’intuition du grand physicien J.E. Charon. En effet, dans sa théorie de la relativité complexe (1977), il montre que l’électron est un micro-trou noir [1] en pulsation qui possède son espace propre et son temps propre. L’électron étant un micro-univers complètement fermé sur lui-même, il ne devrait pas en principe interagir avec son environnement. Pourtant, il agit dans l’espace où il se trouve. C’est ainsi par exemple qu’un électron peut échanger de l’information à distance avec d’autres électrons, suivant le principe de l’interaction à distance purement électrostatique.

Le proton, au cœur du noyau atomique
On compte en moyenne 2 milliards de photons pour un proton. La densité de protons dans l’univers est extrêmement faible, de l’ordre de 0,1 à 0,2 protons/m3. D’un diamètre de 10-12 mm, le proton formé de 3 quarks ressemble à une minuscule sphère de matière très dense puisque sa densité est de plus d’un million de milliard de fois celle de l’eau. II est à peu près 1860 fois plus lourd que l’électron. Dans le noyau atomique, la vitesse du proton approche celle de la lumière.

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Atome d’hydrogène :
1 proton et 1 électron

La majeure partie de la matière visible (étoiles, galaxies…) est composée d’hydrogène dont le noyau abrite un unique proton. Le proton, la troisième particule fondamentale de la matière vivante, a une durée de vie pratiquement éternelle. Protons, électrons et photons jouent un rôle essentiel dans l’édification de la matière. Nous sommes des êtres vivants mortels constitués de briques éternelles. Quel paradoxe !

Extraits de Physique de la matière par le Pr Cannenpasse-Riffard, éditions Marco Pietteur

Notes

[1En astrophysique, un trou noir est un corps extrêmement dense dont le champ gravitationnel est si intense qu’il empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. On pense que le centre de la plupart des galaxies, y compris la nôtre, abritent un trou noir supermassif qui a dû aspirer des milliers d’étoiles.

 Denis Guichard - Un nouveau regard sur le vivant - Tous droits réservés  - Webmaster : GSC