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Association étudiante Regards croisés sous la direction de Martin Rieussec

Cancer : des causes environnementales
à la prévention

Editions Jouvence

Aujourd’hui, le cancer touche un homme sur deux et une femme sur trois. Le taux d’incidence (les nouveaux cas) a presque doublé entre 1980 et 2005 (+ 93 % chez l’homme et 88 % chez la femme) : on peut donc réellement parler d’épidémie moderne. Le changement démographique (augmentation et vieillissement de la population) ne peut expliquer chez l’homme que 41 % et chez la femme 29 % de cette progression : le reste est bien lié aux mutations que subit notre environnement.

La littérature scientifique établit clairement le lien entre pesticides et cancers, en particulier les leucémies et les lymphomes. Une équipe d’universitaires canadiens a publié en octobre 2007 la synthèse de nombreuses études dans la revue Canadian Family Physician : sur 83 études menées entre 1992 et 2003, l’association positive entre pesticides et cancer est manifeste dans 88 % d’entre elles. La revue de l’Inserm a publié en France une synthèse comparable en 2007. Les données scientifiques s’accumulent mais elles sont suivies de peu d’actions concrètes. Il est indispensable que la société civile se mobilise : c’est le sens de l’association Regards croisés fondée par Martin Rieussec, Claire-Marie Binet et Sophie Chomard dans le Collège ostéopathique européen de Cergy, en 2008.

Faciliter l’émergence de regards transversaux entre l’écologie, la santé, l‘environnement, le bien-être et l’économie

Après le décès dû au cancer d’un camarade étudiant, les fondateurs de l’association ont voulu en savoir plus sur cette maladie. Pour tenter d’appréhender l’ensemble des facettes de ce sujet complexe, ils ont invité des psychologues, des médecins, des chercheurs en santé environnementale, un chirurgien, un économiste… et un maître de karaté.

Ce livre reprend et complète le cycle de conférences donné au cours de l’année scolaire 2008-2009. A chaque thème, qui traite un aspect du lien entre santé et environnement, correspond un chapitre : alimentation, naturopathie, résilience, activité physique, pesticides, radioactivité, ondes électromagnétiques, OGM, nanotechnologies, approche économique de la santé et du cancer.

« Nous souhaitons, à travers la mise en place de conférences d’expositions et de projections, écrit Martin Rieussec, offrir un contexte facilitant l’émergence de regards transversaux entre l’écologie, la santé, l‘environnement, le bien-être et l’économie. »

Au-delà d’un approfondissement des connaissances sur la maladie, ce livre apporte des informations concrètes et scientifiques sur les thèmes environnementaux très controversés tels que les OGM, les ondes électromagnétiques, les nanotechnologies… Il offre au lecteur l’opportunité de s’informer et fonder son opinion à partir de données claire et rigoureuses autour d’un sujet qui concerne tout un chacun : le lien entre santé et environnement pour aboutir à une meilleure prévention.

Commandez ce livre

En savoir plus sur Regards croisés : www.regardscroises.info

PDF - 276 ko

Colloque Santé Environnement et Cancers le 1er octobre 2010 au théâtre d’Auxerre  : téléchargez la plaquette de présentation

Quelques extraits du livre

Société et cancer  : « Sachant – officiellement – que 35 % des cancers (30 à 40 % selon les types) sont liés à l’alimentation (origine des produits, composition des menus et habitudes alimentaires, modes de cuisson générant des hydrocarbures ou des radicaux libres), il apparaît que près de 70 % des cancers pourraient être évités par une véritable politique de prévention sanitaire portant sur deux volets majeurs : réduction drastique des polluants chimiques cancérigènes ; éducation sanitaire à une alimentation sainte et variée, dès le plus jeune âge, par l’Education nationale puis dans toutes les formations professionnelles touchant à l’alimentation – y compris la médecine ! » Dr Lylian le Goff, médecin, responsable du dossier Santé-Environnement de plusieurs réseaux associatifs et du dossier OGM pour France Nature Environnement, fédération regroupant 3 000 associations.

Alimentation et cancer  : « J’ai fait une étude sur l’allaitement maternel et la survenue des cancers du sein et je me suis aperçu que les femmes qui avaient été allaitées avaient beaucoup moins de risques de développer un cancer du sien. J’ai été le premier à publier sur le sujet. Un an plus tard, Annie Sasco, qui était en charge de la surveillance du cancer du seine pour l’OMS, a publié une étude à plus grande échelle, faite en Chine, et qui reprenait les mêmes conclusions. Il existe énormément d’indices concordants qui font suspecter la participation plus ou moins grande de l’alimentation lactée dans la survenue des cancers du sein. » Dr Raphaël Nogier, médecin enseignant l’auriculothérapie depuis 1977 dans de nombreux pays.

Les nanotechnologies  : « Les moyens financiers pour développer des études sur les risques liés aux nanotechnologies restent faibles, comparés à ceux déployés pour le développement des nanoproduits. Aux Etats-Unis, la loi fédérale qui a conduit à la « National Nanotechnology Initiative » (NNI) en 2001 oblige à consacrer 5 % des budgets de recherche aux impacts sanitaires et environnementaux. D’après le PEN (Project on emerging technologies du Centre Woodrow Wilson) qui réalise une base de données concernant tous les projets de recherche sur les impacts santé, environnement, sécurité (EHS) et leur financement, ces derniers ont représenté seulement 1 % du budget en 2005. En Europe, c’est aussi à la marge que des programmes sur les risques ont été déployés. » Dorothée Benoit Browaeys, journaliste scientifique et auteur du livre Le meilleur des nanomondes (Buchet-Chastel, 2009)

Approche économique de la santé et du cancer  : « Si l’on garde en tête ce paradoxe global de nos indicateurs économiques, cela a des conséquence sur le domaine de la santé en général et sur la question du cancer en particulier. La victime évidente de ces modes de représentation et de calcul de la richesse est en effet la prévention, pour une raison très simple : ce qui génère de la valeur ajoutée, ce sont les actes curatifs lourds. La prévention empêche ou minimise ces actes lourds, ce qui réduit d’autant la valeur ajoutée. Globalement, nous sommes dans un système où seul le soin, et en particulier le soin lourd, est source de richesse au sens comptable du terme. » Patrick Viveret, auteur de Reconsidérer la richesse (éditions de l’Aube), membre du Comité de veille écologique de la fondation Nicolas Hulot et du projet Alliance civique pour l’humanité.

 Denis Guichard - Un nouveau regard sur le vivant - Tous droits réservés  - Webmaster : GSC