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A la fin du colloque du 9 janvier 2016

Kenny Matampash, du peuple Maasaï du Kenya, lance un Appel

Dans sa bouleversante simplicité cet Appel nous met, nous, peuples efficaces et productifs, devant notre responsabilité, une responsabilité qui conduit au désastre. Le Peuple Maasaï a des clés pour agir et si nous l’écoutons, il saura, le moment venu, nous délivrer le secret de la Vie. Écoutons-le ! Pour une fois, ayons cette sagesse qui nous manque tant ! Et la Vie sera là !

C’est un plaisir d’être ici. Je sens votre chaleur et je suis très reconnaissant et heureux d’être ici. Je voudrais partager avec vous une bénédiction Maasaï ; vous vous levez et vous répondez “Nai”. [Bénédiction]

Je remercie les organisateurs et tous ceux qui m’ont permis d’être ici. Je remercie aussi tous les grands esprits qui nous ont accompagnés tout au long de la journée et ceux qui travaillent dur à leurs études, les biologistes, les physiciens. J’ai entendu de belles citations de certains toujours vivants et d’autres morts, tous, je les remercie. Transmission de la connaissance, faire passer la connaissance de générations en générations, c’est ce que nous désirons, et c’est ce qui vous manque.

Je viens du Kenya et je suis Maasai. Nous croyons en des valeurs culturelles et les vivons, des valeurs qui sont en train de se perdre et c’est pourquoi nous en sommes là aujourd’hui. On n’a plus de valeurs, plus de respect pour ces valeurs qui font ce que nous sommes. Et cela se fait ressentir à chaque fois que nous parlons, à chaque fois que nous pensons, à chaque fois que nous étudions. Quelles sont les valeurs que nous honorons, que nous respectons ? Les valorisons-nous vraiment ?

Qu’est-ce que la vie, après tout ? Est-ce d’être riche ? Est-ce d’avoir une grande voiture ? Non ! La joie, c’est l’humilité, c’est d’être ensemble, c’est d’être avec d’autres, de ne pas être seul. On peut avoir le monde entier et ne pas être heureux. On peut ne rien avoir et être heureux car on a des relations avec d’autres. Je pense que nous sommes dans le moment, que nous appelons de tous nos vœux, de faire du monde un monde meilleur pour tous. Je crois que c’est un grand Appel, une quête pour commencer à penser avec discernement.

C’est le moment pour la conscience du discernement. quelque chose est en train de se passer qui commence à vous faire penser, à questionner la situation. Nous ne devons pas avoir peur, nous devons faire face et voir ce qui se passe. Car nous sommes co-créateurs, nous sommes faits à l’image du Tout-Puissant, de l’Esprit. Nous avons le pouvoir de changer, nous avons le pouvoir de dire non, de modifier la situation.

Mais, nous avons peur ! Le problème c’est la peur. La peur en vous-même si vous n’osez pas le dire. La chaîne alimentaire : vous savez ce qu’elle fait à nos corps, vous savez qui en est responsable, vous savez qu’elle nous tue et, pourtant, vous n’en parlez pas ! Pourquoi laissez-vous cela traîner ? Pourtant, vous le savez. Par exemple l’eau. Chez moi j’allais à la rivière, je m’asseyais à son bord et je buvais l’eau. Aujourd’hui ? Nous l’achetons. Est-elle pure ? Elle n’est pas pure. Nous manipulons tout. La nourriture que nous mangeons va dans notre corps mais que se passe-t-il avec nos corps ? Nourriture poubelle, corps poubelle, pensée poubelle, esprit poubelle… Nous devenons violents à cause de la nourriture que nous mangeons, de l’eau que nous buvons. Réfléchissez avec discernement à ces problèmes qui déterminent notre destin, qui déterminent notre vie, qui font qui nous sommes. Pensez aux générations à venir, aux jeunes enfants, vers quel genre de vie vont-ils ? Quel futur construisons-nous pour eux ?

Nous sommes en pleine crise, vous le savez et je le sais. Parlez-en ! Dites la vérité ! Car ce n’est que la vérité qui peut vous libérer et me libérer. Si nous ne le faisons pas, souvenez-vous que nous n’avons qu’une planète qui est habitable pour nous. Une seule.

Notre ami parle des étoiles et nous avons une seule planète où nous sommes tous comme dans un bateau. Si nous n’en prenons pas soin, que va-t-il se passer ? Ne désignez personne du doigt car il y a aussi des doigts qui se pointent vers vous. Pour chaque doigt que vous pointez, il y a 3 doigts qui se pointent vers vous. Prenez position sur la vérité ! Tout le temps. C’est la seule chose qui fera changer le monde.

Nous apprécions ce que font les scientifiques mais nous devons être très critiques quant à la manipulation. Ne manipulez pas la nature car la nature est notre vie. La nature est notre connexion. C’est d’elle que nous recevons le pouvoir de l’Esprit, d’être ce que nous sommes. Mon grand souci, c’est l’environnement car l’environnement est notre mère à tous.

De nombreux peuples le savent mais ils ne sont pas reconnus.
Mais je vous dis, mes amis, mes frères et mes sœurs,
nous avons de nombreuses histoires à vous raconter, à raconter au monde,
si l’on nous en donne la possibilité !
Et nous saurons vous dire le secret de la vie !

C’est le commencement, le moment est venu. On ne peut vraiment plus attendre ! Il est très impressionnant de voir différentes formes de spiritualité réunies ici. C’est une chance, une opportunité, ne la laissons pas passer. Il faut la saisir, c’est une question posée par tous, quand et comment pourrons-nous y arriver ? C’est possible ! Il faut le faire, par étapes et prendre position, dire oui, nous pouvons nous rencontrer et cela peut arriver !

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Voyage en pays Maasaï : Indupa, la ferme de Kenny

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