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Les rencontres du film d’alimentation à Forcalquier

Les 18 et 19 octobre 2013

"L’alimentation est le lien privilégié, quotidien, à travers lequel nous pouvons influencer notre santé, mais aussi voter pour des modes de production, agir directement sur notre environnement et sur ce double défi : la "malbouffe" au Nord et la malnutrition au Sud." Tel est le pouvoir de notre assiette vu par Philippe Courbon, organisateur des Rencontres du film de l’alimentation tenues à Forcalquier (Alpes de Haute-Provence). La Fondation Denis Guichard était présente.

Santé publique, santé environnementale, industrialisation de l’alimentation, biodiversité et faim dans le monde : ces 5 thèmes furent abordés dans 5 films ; après les projections, ils étaient commentés par un plateau d’invités qui ont posé un regard transversal sur ces enjeux essentiels.

L’un des objectifs de ces Rencontres était de désenclaver les question sur l’agriculture biologique pour toucher des consommateurs, des associations, des experts, des enseignants, des professionnels de santé, des élus et des producteurs. Philippe Courbon estime qu’il est primordial "de réconcilier santé publique et environnementale, de sortir de cette approche uniquement épidémiologique qui date de Pasteur et n’est plus adaptée aux maladies dites de civilisation comme le nombre croissant de cancers ou les perturbations endocriniennes dues aux pollutions chimiques, environnementales ou alimentaires."

Au nom de la Terre, film de Marie-Dominique Delshing

Au nom de la Terre a ouvert ces Rencontres en retraçant l’itinéraire de Pierre Rabhi, depuis le Sahara algérien de son enfance jusqu’aux Cévennes ardéchoises, où il est devenu un pionnier de l’agriculture biologique au début des années 1960. Nous découvrons différents lieux de formation et de vie qui incarnent ses idées, des personnes avec lesquelles il a travaillé et qui ont été inspirées par sa démarche.

Le film témoigne du combat de Pierre Rabhi pour l’insurrection des consciences et des valeurs qu’il nomme la "sobriété heureuse" : elle permettrait à l’humanité de soigner la terre pour en vivre et non plus la détruire pour s’enrichir… La recomposition de la société peut se réaliser par sa base qui est génitrice d’idées, d’énergie et d’humanité.

La bande annonce

Notre poison quotidien, de Marie-Monique Robin

Ce film évoque la toxicité de la nourriture issue de l’industrie chimique : par exemple l’aspartame, homologué par son seul producteur. La réalisatrice a mené une enquête très fouillée qui l’a conduite là où siègent les experts de 2 organismes – l’un en Europe, l’autre aux Etats-Unis – régissant les proportions d’additifs chimiques dans nos aliments.

Le Dr Joël Spiroux de Vendomois, spécialisé dans les pathologies environnementales, a animé le débat après la projection et donné des informations complémentaires : "Le coût des dépenses de santé est inclus dans le PIB de la France ! Ce qui veut dire que le pays serait plus riche si nous étions tous malades." "Il faut arriver à ce que cesse l’empoisonnement collectif que nous subissons depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. (…) Mais les grands noms de l’agrochimie et des pesticides, dont parle Marie-Monique Robin dans son film, sont les mêmes que ceux qui fabriquent les médicaments. Et notre système de santé ne fait que du soin…"

La bande annonce

La santé dans l’assiette, de Lee Fulkerson

Le rapport Campbell, la plus vaste étude nutritionnelle menée au monde, est au cœur du film. Le docteur Colin Campbell a démontré qu’il est possible de guérir des maladies dites de civilisation avec des produits non transformés d’origine végétale. Il nie donc la prétendue nécessité de manger de la viande ; cette croyance est née d’un consensus entre les décideurs et les industriels à la fin du XIXè siècle et s’est imposée en France à la Libération.

Fabrice Nicolino, journaliste de Charlie Hebdo et auteur de Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde, a animé le débat après le film.

La bande annonce

We feed the world – Le marché de la faim, par Erwin Wagenhofer

L’alimentation est vue sous un angle géopolitique. Le film se focalise sur les travailleurs de l’alimentation : du pêcheur indépendant de Bretagne à l’agriculteur autrichien, qui s’inquiète qu’une tonne de blé vaille moins cher qu’une tonne de sel de voirie... Après la projection Jean Fabre, anicien directeur adjoint du Programme des Nations unies pour le développement, rappelle que 6 sociétés se partagent 80 % de la production céréalière mondiale.

La bande annonce

Les origines de la pomme, par Catherine Peix

Biodiversité et origine des espèces sont le fil conducteur de ce film. Il nous fait découvrir une gigantesque forêt de pommiers sauvages, au cœur du Kazhakstan, à 2400 m d’altitude. L’espèce qu’on y trouve, Malus Siversii, "véritable fossile vivant", a l’aptitude naturelle de résister à toutes les maladies récurrentes des pommiers cultivés. Elle se décline en dizaines de variétés et ses pommes ont des qualités nutritives inégalées, Des études scientifiques menées dans les années 1990 ont montré que Malus Siversii est à l’origine de la pomme cultivée. "Ces forêts de Malus Sieversii n’offrent elles pas une alternative à la culture industrielle des pommes ?" s’interroge Catherine Peix.

Le site du film

Pour en savoir plus :

L’Appel de Forcalquier : propositions pour une alimentation de qualité (décembre 2012)

Quel changement de vision pour l’avenir de l’humanité ?
Intervention de Pierre Rabhi au colloque Sauvegarder le vivant (2011)

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